Une nouvelle monnaie doit rentrer en circulation à Paris

Les monnaies alternatives connaissent un véritable engouement : 44 monnaies locales ont été mises en circulation en France en quelques années. La capitale va, à son tour, se lancer dans l’aventure.

un-porte-monnaie-illustration

D’ici un an, dans certains commerces de Paris, on va peut être pouvoir payer avec autre chose que des euros, autre chose que des francs ou même des écus : avec des tous nouveaux billets qu’on ne pourra dépenser qu’à Paris ou dans la petite couronne. Le nom de cette monnaie n’a pas encore été arrêté. Mais ça pourrait être la Seine, le Trèfle ou le Pavé. Si vous avez une meilleure idée, vous pourrez en faire part cet été : un vote par référendum sera ensuite lancé à l’automne. Cette nouvelle monnaie parisienne pourrait être en circulation au printemps 2018. Elle équivaudra à un euro. La monnaie sera adossée à la monnaie européenne, pour que l’utilisation soit la plus simple possible.

Le but, ce n’est pas de jouer au Monopoly. L’idée est de dynamiser l’économie locale, en favorisant le commerce et la production de proximité. Autant vous le dire tout de suite : les supermarchés et les grandes marques ne seront pas admis dans le système. Vous ne pourrez pas non plus payer en monnaie de Paris chez McDonalds.

Monnaie « verte et vertueuse »

L’idée, c’est que l’argent ne parte pas ailleurs et circule entre les acteurs économiques locaux, comme l’explique Lucas Rochette-Berlon, militant écologiste qui a fondé l’association « Une monnaie pour Paris ». « On va pouvoir utiliser cette monnaie dans l’ensemble des magasins des entreprises qui ont au moins une partie de leur production qui est locale, qui respecte certains principes au niveau social (ne pas avoir d’emplois précaires) et certains principes écologiques (tri, électricité renouvelable) », dit-il.

« Vous savez, lorsque vous allez dépenser votre argent, que vous le ferez auprès de quelqu’un qui va faire fonctionner l’économie locale, alors qu’aujourd’hui c’est très difficile d’identifier quels sont les produits réellement éthiques, avec de plus en plus de magasins qui se font passer pour des boutiques bio, locaux ou éthiques« , poursuit Lucas Rochette-Berlon. Cette monnaie « verte et vertueuse » ne pourra pas être placée, ni produire des intérêts.

Propulsés lors de la crise de 2008, légitimées ensuite par une loi de 2014, quarante-quatre nouvelles monnaies ont fleuri, avec des succès divers : l’Eusko au pays Basque, la Muse dans les Pays-de-la-Loire, le Stück en Alsace, la Gonette à Lyon ou la Roue à Salon-de-Provence. C’est la première fois en tous cas qu’une monnaie locale serait lancée à l’échelle d’une capitale comme Paris, avec 2,2 millions d’habitants.

Les élus payés en monnaie locale ?

Pour roder le système, seul l’est de Paris pourraient être concerné lors du lancement. Avec le soutien de la Mairie de Paris, et d’Antoinette Guhl, adjointe à l’économie solidaire, très enthousiaste. « Nous souhaitons que ce lancement soit fait sérieusement et qu’il soit bien étudié en amont pour que ce soit une réussite, pour que ça puisse servir d’exemple. C’est une innovation sans précédent« , se félicite-t-elle.

Si la monnaie locale est lancée dans les temps, dans un an, les adjoints à la Mairie de Paris, comme Antoinette Guhl, et Anne Hidalgo, pourquoi pas, pourraient toucher une partie de leurs indemnités d’élus en monnaie locale. C’est déjà le cas pour des élus de la ville de Bristol, en Angleterre, où la monnaie locale créée donne effectivement des coups de fouet à l’économie locale. Selon les calculs, les livres de Bristol circulent dix fois plus vite que les livres anglaises.

MoPPa_17.05.03_RTL on vous en parle déjà